lis & daneau architectes, (2014 - 2018)



Nous plaçons notre pratique de l’architecture entre le penser et le faire, dans un lieu où théorie et pratique ne sont pas dissociables. C’est pourquoi notre atelier n’est en réalité que le prolongement d’un parcours universitaire commencé à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble il y a dix ans. À l’heure où nous écrivons cette lettre faisant état de nos motivations à présenter notre travail, nous faisons avant tout le point sur l’état de nos connaissances au travers d’extraits choisis et récents de notre production.

Cette dernière a commencé dès le début de notre cursus, de manière quasi immédiate, par l’intermédiaire notamment de nombreux concours étudiants et d’opportunités diverses de bâtir, menés en parallèle de notre formation académique. Si le projet est pour nous une nécessité absolue, c’est par son apprentissage que nous nous sommes construits en tant qu’architectes et que nous prenons tant de plaisir à en vivre.

Nous sommes les architectes d’une génération qui ne connait pas de transformation radicale à laquelle nous devons choisir de s’adosser ou contre laquelle nous devons entrer en réaction. Mais bien plus violente est la période de l’accélération perpétuelle, l’époque où les cultures et les figures se métissent. Conscients du défi à relever, et méfiants face au discours qui font de l’architecte le médecin tout puissant d’une situation désespérée, nous faisons le choix de l’humilité et de la raison. Plus encore, nous sommes persuadés que cette époque renvoie fondamentalement aux spécificités du projet d’architecture, celui-ci consistant à réunir des éléments hétérogènes afin de produire une forme cohérente. Ainsi, puisqu’il s’agit d’un travail de composition caractérisé par le fait que les éléments n’existent pas à priori, ils doivent d’abord être pensés, transformés en matériaux d’architecture, ce qui nécessite jugement critique, hiérarchisation et prise de position.

C’est selon cet éclairage que doit être lu le portfolio qui accompagne cette lettre. Nos efforts résident dans l’identification précise des matériaux du projet qu’offrent toutes les situations qui font notre quotidien, des plus banales aux plus exceptionnelles. Si notre posture est analytique et pragmatique, c’est avant tout pour servir la poésie de l’acte de bâtir, persuadés que l’apparente évidence de cette attitude ne fait plus norme.


Clément Daneau & François Lis